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Garantir la santé et le bien-être animal sur les tournages, conseils aux organisateurs et aux réalisateurs

Muets, les animaux le sont encore, le cinéma ne l’est plus depuis 1929. Sans vouloir remonter dans le temps, les animaux n’ont jamais quitté les plateaux de tournage, il leur arrivait même parfois, de ne plus pouvoir en repartir vivants. Le bien-être animal, décrit uniquement pour les espèces dites domestiques ou d’élevage, n’est pas un effet de mode mais bel et bien une attente sociétale forte et croissante qui replace le sujet de la relation que nous avons tous à l’égard du vivant sur le devant de la scène. Il s’inscrit dans un contexte technique plus large dont certains aspects sont réglementés, celui de la protection des animaux (santé, sécurité et bien-être), domestiques ou sauvages, pour toute production de film ou de spectacle, sur scène, dans les rues ou sur un plateau de tournage. Vous trouverez ainsi dans ce document quelques aspects qui vous aideront certainement à passer du désir à l’action, celui de considérer pleinement la condition des animaux qui accompagnent vos projets de divertissement.

Le régime de protection minimal qui s’applique aux animaux de compagnie en Europe date de 1987

Protéger les animaux pour la réalisation d’un film, d’une publicité ou en direct, sous les feux des projecteurs, c’est considérer que ces acteurs d’un autre genre seront exposés pendant un laps de temps assez court à des contraintes environnementales très différentes de celles des lieux d’hébergement habituels. Le plus souvent, les animaux vivent dans des établissements agréés (1) pour l’élevage, la garde et la détention des animaux domestiques ou non domestiques et captifs, où se font les entraînements au quotidien. La préparation aux conditions d’un tournage s’exécute évidemment dans ce lieu bien connu des animaux, seul endroit où ils ont tous leurs repères et pris leurs marques. Tout ceci n’exclut évidemment pas une nécessaire préparation sur le futur lieu de tournage, facilitant ainsi l’adaptation et laissant à l’animal le temps de s’approprier le lieu, les nouvelles personnes, les nouvelles odeurs ou bruits. Ce sont des éléments
indispensables à envisager afin d’éviter certains incidents, des refus de l’animal le jour du tournage et l’habituer progressivement aux facteurs de stress très nombreux qu’il lui est incapable d’intégrer spontanément tous en même temps. Il est donc question de bien-être animal ; en le considérant avec toutes les équipes techniques, les possesseurs de l’animal, ses dresseurs, vous optimisez vos chances de succès et diminuer le nombre de prises in fine. Pensez-y avant la réservation et la location des lieux.

Selon la convention européenne pour la protection des animaux de compagnie de 1987, un traité international adopté par le conseil de l’Europe et ratifié par la France le 03 octobre 2003, les organisateurs de manifestations, publicités, spectacles et films doivent anticiper et sécuriser l’accueil des animaux, qu’ils soient détenus par des dresseurs ou des particuliers, dans des conditions respectueuses de leur santé, de leur bien-être et de leur sécurité, en évaluant les risques encourus par l’animal et ceux qu’ils peuvent faire encourir aux autres (cf Article 9 convention STCE). A moins qu’il n’existe de législation nationale plus contraignante, la convention européenne fait foi dans le droit français.

Article 9

Publicité, spectacles, expositions, compétitions et manifestations semblables

1 – Les animaux de compagnie ne peuvent être utilisés dans la publicité, les spectacles, expositions, compétitions ou manifestations semblables, à moins que :
– a, l’organisateur n’ait créé les conditions nécessaires pour que ces animaux soient traités conformément aux exigences de
l’article 4, paragraphe 2, qui est décrit comme suit : « Toute personne qui détient un animal de compagnie ou s’en occupe doit lui procurer des installations, des soins et de l’attention qui tiennent compte de ses besoins éthologiques, conformément
à son espèce et à sa race, et notamment :
a – lui fournir, en quantité suffisante, la nourriture et l’eau qui lui conviennent ;
b – lui fournir des possibilités d’exercice adéquates;
c – prendre toutes les mesures raisonnables pour ne pas le laisser s’échapper. » et que,
– b, leur santé et leur bien-être ne soient pas mis en danger.

Le casting d’un animal : au-delà des critères physiques et esthétiques

Un responsable de casting a toujours une fiche descriptive très précise de l’animal qu’il souhaite obtenir pour le rôle, un chien de race nordique avec les yeux bleus, pas trop jeune, les oreilles dressées et l’allure svelte pour exemple. Il sait déjà où trouver cette perle rare mais il lui faut certainement une doublure, surtout pour les étapes préparatoires, la lumière, les cadrages etc… Mais qu’en est-il de son caractère, son vécu, sa faculté à s’adapter au scénario ? A-t-on déjà à ce stade un degré d’exigence ? D’où vient-il et que deviendra-t-il ensuite si cet animal qui a été commandé et préparé pour la mise en scène, n’est par la suite plus candidat à l’adoption dans une famille ou ne laisse profiler aucun avenir d’acteur pérenne ? La personnalité de l’animal prend dès lors toute son importance ! L’évolution des connaissances scientifiques acquises sur l’animal de compagnie place aujourd’hui le trait de tempérament d’un individu au même niveau que celui des caractéristiques biologiques et comportementales de l’espèce.

Le dernier avis de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) de 2018 permettant de définir le bien-être animal, terme utilisé dans les textes réglementaires protégeant les animaux appropriés par l’homme, repose sur les caractéristiques psychiques des animaux domestiques, êtres sensibles et doués de différents niveaux de conscience. Ainsi « Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal ». Vous l’avez donc compris, l’état mental de l’animal et sa faculté d’adaptation à un environnement est crucial pour son bien-être, il n’est plus uniquement question ici de satisfaction des besoins de l’animal. Il doit avoir la faculté de coopérer librement, d’exprimer des signaux de bien-être comme de mal-être et de pouvoir se retirer d’une situation anxiogène ou blessante au regard de son ressenti, son vécu, l’anticipation de certains évènements plaisants ou déplaisants, son état émotionnel, celui de l’instant présent, sa perception subjective donc individuelle que peu de personnes peuvent ou savent distinguer avant de passer à l’action.

Les relations contractuelles définissent les niveaux de responsabilités

Mieux vaut prévenir que guérir dit si bien l’adage. Les relations contractuelles qui s’établissent souvent entre le dresseur responsable de l’animal ou son détenteur et la production peuvent nécessiter une mobilisation de moyens considérables permettant d’accueillir un animal sur un lieu inhabituel (comme parfois à l’étranger), de prévoir du matériel de transport adapté, suffisamment de nourritures et de litières, des structures de locaux d’accueil adapté et indolores, des temps de travail comme de repos, le recrutement d’une société de gardiennage jour et nuit, des assurances adaptées…Evidemment,
les étapes préparatoires en amont du projet sont cruciales, elles nécessitent une bonne connaissance des contraintes relatives aux tournages avec les animaux, de leurs impératifs biologiques, de leur tempérament et leur faculté d’adaptation à l’intégralité des caractéristiques spécifiques de ce nouvel environnement tant sur le plan sanitaire, sur l’état de la biodiversité locale, les saisons, la météo, le personnel et le public présent… toutes ces particularités qui auront un impact sur l’animal ne sont pas toujours connues de tous et les intégrer ou les ajuster sur un plan contractuel est tout à fait
légitime. Selon le juriste Eric Barbry (2), « Ainsi, il n’est pas de pure forme que de prévoir très précisément dans les relations contractuelles entre un utilisateur (cinéaste, publicitaire…) et le prestataire professionnel ou privé, lequel devra supporter la charge de la garde de l’animal de spectacle à toutes les phases de celui-ci. »

Un organisateur, une société de production ou un réalisateur selon le contrat auquel il est lié, a ses propres obligations de résultat à l’égard de l’animal, sur la conservation de sa bonne santé et de son bien-être. Il doit ainsi définir les moyens propices au respect de la condition de l’animal sur le tournage ou le spectacle et peut donc s’entourer d’une équipe solide, préparée et appropriée pour s’en donner les moyens. Le dresseur, l’éducateur, le soigneur, le particulier détenteur de l’animal, doivent se conformer à l’article 7 de cette même convention (STCE) pour que « Aucun animal de compagnie ne soit
dressé d’une façon qui porte préjudice à sa santé et à son bien-être, notamment en le forçant à dépasser ses capacités ou sa force naturelles ou en utilisant des moyens artificiels qui provoquent des blessures ou d’inutiles douleurs, souffrances ou angoisses. ». Un tel texte lui confère une responsabilité sur le niveau de connaissances de son animal, certes, mais bien au-delà de ce que l’on peut exiger pour l’acquisition d’un certificat de capacité, avoir en quelque sorte l’aptitude à reconnaître les signes de douleur, de stress ou de maladie de son animal pendant le travail, le transport et au repos.

Avez-vous pensé aux experts en bien-être animal ou aux vétérinaires conseils dans vos équipes ?

Quel chemin a-t-on parcouru désormais pour professionnaliser la protection des animaux sur les lieux de tournages ? Des experts ont su s’adapter pour passer derrière la caméra et adresser leurs conseils le plus en amont possible de votre réalisation, en s’intéressant d’un peu plus près aux données scientifiques qui sous-tendent la mise à jour des textes réglementaires applicables pour encadrer cette activité et garantir de bonnes conditions de tournage pour tous. En préparant dès la conception du scénario, du script ou en participant à l’étape de pré-production, les experts en bien-être
animal, les vétérinaires conseils en responsabilité, santé et bien-être, à l’égard de l’animal vous aident à affiner suffisamment votre projet pour ne pas avoir besoin de solliciter des contrôles ou des certifications dites « sans souffrance animale ». Ils vous apporteront une expertise pour protéger les animaux qui sont sous votre responsabilité pendant le tournage, respecter au mieux les besoins des différentes espèces, leurs impératifs biologiques en conformité avec la réglementation mais également les particularités individuelles, ils feront appel aux meilleurs experts en cas de besoins
spécifiques et s’appuieront sur les guides de bonnes pratiques référentes en la matière. Ils vous notifieront les critères et points de vigilances à inscrire par voie de contrat entre chacune des parties. En les sollicitant, de par leur indépendance et leur regard extérieur, vous évitez le biais classique et souvent pénalisant pour l’animal lui-même, celui d’être à la fois juge et partie dans son métier lorsque l’on contribue à préparer et mettre en scène
soi-même un animal pour un tournage, il est alors difficile d’voir la force de dire stop ou de tout arrêter dans le feu de l’action au profit de son animal. La complémentarité des professionnels animaliers est la clé, toute collaboration étroite entre cinéastes, dresseurs et vétérinaires, est un préalable pour garantir une parfaite adéquation entre les séances de travail et les aptitudes naturelles de chaque individu sélectionné, leur évitant ainsi toute situation qui pourrait générer stress, angoisse, douleur ou souffrance et contribuer ainsi favorablement à l’image positive du 6 ème ou du 7 ème art auprès du
grand public.


(1) Arrêté du 25 octobre 1982 et arrêté du 10 août 2004
(2) BARBRY E., Les animaux de spectacles, Victoires Editions Legicom, 1995/3 N° 9 | pages 21 à 26

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L’image animalière et l’éthique, où en est-on ?

Si comme nous, l’éthique, la transparence, la sensibilisation pédagogique par l’image et le partage d’expertise est la raison d’être de votre métier, alors cet article est pour vous. Il témoigne des difficultés mais également des enjeux relatifs à la protection des animaux pour toute forme d’activité artistique, culturelle, publicitaire ou cinématographique.

L’éthique de l’image animalière peut être intégrée dans un cadre de réflexion plus large, en laissant libre cours à toute liberté d’expression, à la créativité artistique et à la fiction certes, mais également à la dignité de l’animal portée sur nos écrans, considérant en priorité la sensibilité des plus jeunes face aux violences faites sur les animaux, qu’elles soient simulées ou non…Une place majeure revient aux enjeux de pédagogie et de sensibilisation des générations futures pour les préparer à leur rôle sociétal, environnemental et protecteur face ce que nous leur laissons, le vivant, leurs images et leurs films…Pour cette raison, l’éthique de l’image animalière est un art qui a toute sa place désormais, quelle que soit la forme de diffusion choisie.

Le développement des pratiques donne aujourd’hui de réelles possibilités techniques à ceux et celles qui souhaitent prendre soin des animaux sur la scène, dans les coulisses, au cours des entraînements et veiller aux règles de l’art en terme de bien-être animal. Avec les meilleurs experts animaliers dans ce domaine, avec la complicité des animaux domestiques, les cascades sont parfois impressionnantes et peuvent être réalisées en conformité avec la réglementation européenne d’autant plus, si elles considèrent l’aptitude individuelle de l’animal, sa motivation propre, sa sécurité et si elles suivent les
recommandations des guidelines vétérinaires en fonction de chacune des espèces, et particulièrement celles de l’AHA (1), qui sont des référentiels complets disponibles depuis 2015.

Et pourtant, l’image véhiculée avec les animaux ne correspond pas toujours à ce que l’on devrait suggérer auprès du grand-public, peu formé aux standards et aux exigences du bien-être animal dans la vie de tous les jours. La condition des animaux étant fortement chahutée et parfois malmenée par des pratiques rédhibitoires à leur égard, qu’il est parfois malvenu de ne pas intégrer l’éthique dans son exercice de cinéaste, de réalisateur ou de producteur. Alors, peut-on tout dire ou tout montrer avec l’animal ? Peut-on intégrer une « obligation morale » comme dans toute profession, celle de vérifier si le scénario est adapté à la fois au public cible, à la fois à l’espèce animale considérée. A-t-on la possibilité de clarifier ce qui ressort de la pure fiction à l’encontre de l’animal auprès du spectateur pour qu’il puisse considérer en toute connaissance et avec son consentement que l’image à laquelle il est soumis n’est pas représentative de ce qu’il doit reproduire pour cette espèce animale ?

Pas si simple, voici dès lors un exemple de 3 aspects majeurs ont été identifiés comme relevant de l’éthique à l’égard de l’image animalière :

  1. La représentation faite d’un point de vue humain au-travers de l’animal qui ne serait pas conforme à l’éthique humaine ;
  2. La diffusion ou la promotion de comportements humains ou d’activités pouvant porter atteinte aux animaux, tant en lien avec leur condition que leur dignité ;
  3. La mise en exergue de caractéristiques ou d’anomalies propres à l’animal qui ne sont plus autorisées en France ou qui ne sont pas conformes à ce que recommandent les professionnels de la santé et du bien-être des animaux pour maintenir leur qualité de vie ou leur survie.

Voici certains outils sur lesquels s’appuyer, facilitant la vérification amont, avec les professionnels, de l’adéquation entre l’image « animale » utilisée ou véhiculée (quel que soit l’espèce), le message porté face à l’enjeu sociétal, la sensibilité du public dont celle des mineurs et la réalité de la condition animale telle qu’on la connait au 21 ème siècle.

L’avis « animaux, société, publicité » du conseil d’éthique publicitaire (CEP)

Pour réguler les images et les scripts proposés par les publicités avant diffusion au public, il existe une autorité de régulation en France, l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), association loi 1901 dont la mission est de mener toute action en faveur d’une publicité loyale, véridique et saine. Un des objectifs de l’association est d’organiser en son sein des règles déontologiques, de les appliquer et de refuser certaines diffusions non conformes afin d’éviter, in fine, un renforcement du cadre réglementaire. Un avis du conseil éthique publicitaire a été émis en 2010 en s’appuyant sur les recommandations déontologiques d’autres professionnels comme celles de l’Ordre National des Vétérinaires pour tout ce qui relève de la pratique en médecine vétérinaire et de ses codes de communication, celles de chercheurs ou de biologistes. Le conseil d’éthique est régulièrement confronté aux situations suivantes :

  • La représentation de situations de maltraitance et/ou de souffrance animale. La vigilance de l’ARPP est importante, au même titre que la sensibilité du public sur ce point.
  • Sans qu’il y ait maltraitance à proprement parler, la représentation de comportements humains pouvant porter atteinte à la biodiversité.
  • Le possible contournement de règles déontologiques qu’autoriserait la représentation de personnages sous forme animale plutôt qu’ humaine.
  • L’atteinte potentielle à la dignité de l’animal lorsque celui-ci est représenté dans des situations humiliantes, risibles ou niant leur animalité.

Un public définitivement sensible à la condition animale : plus de 3 français sur 4

Suivre un conseil éthique comme celui de l’ARPP vous permet de faire une vérification préalable afin de préserver la dignité de tout animal à l’image. Ce n’est peut-être qu’un premier pas vers une suite logique d’une démarche responsable, celle que l’on peut attendre de la part des producteurs, comme montrer « patte blanche » avant diffusion, non seulement à l’égard des images ou des messages véhiculés par les publicités mais également sur les conditions d’utilisation de ces mêmes animaux lors des tournages.

Comme illustration, voici des plaintes déposées par le public, qui ont été évaluées par le jury de déontologie publicitaire de l’ARPP, dont les avis sont tous consultables. Exemples de 2 plaintes fondées auprès de l’ARPP : la première, en 2011, un chat perché dans un arbre est fléché par l’acteur à l’aide d’une sarbacane ; et la seconde qui émane de l’association de protection des oiseaux (LPO) en 2018 au regard d’une publicité diffusant par voie d’affichage dans le métro où des espèces animales sauvages (et protégées) sont représentées pour être des prédateurs sexuels (requin, ours et loups).

En évitant de renforcer certains stéréotypes négatifs et irrespectueux envers les animaux et de prendre en considération l’impact que peut avoir la diffusion de ce type de publicités à l’égard du public, on répond ainsi aux attentes profondes de chacun, sachant que de récentes enquêtes ont dévoilé que plus de 3 français sur 4 considèrent désormais comme importants les enjeux de protection et de bien-être animal.

Le guide de bonnes pratiques en communication responsable à l’égard des animaux de compagnie

C’est en considérant toutes les pratiques recensées depuis plusieurs années qui portaient atteinte à l’intégrité du chien ou du chat, mais également au cheval, aux nouveaux animaux de compagnie dont les poissons rouges (les poissons d’aquarium étant les animaux de compagnie les plus nombreux en France), que l’association de vétérinaires anglophone, la British Veterinary Association (BVA) en 2018, a développé un guide de référence en communication responsable, respectueuse de la santé et du bien-être de l’animal.

En le consultant, vous aurez accès aux conseils permettant d’influencer positivement les comportements de tous envers le chien, le chat, normaliser les défauts héréditaires de certaines races en évitant les « hypertypes » néfastes pour leur santé, intégrer les environnements respectueux de l’animal, les images de matériel adapté, la nourriture et les toxiques à éviter, les gestes, les jeux recommandés, les pratiques chirurgicales interdites sur l’animal ou réglementées, les besoins sociaux spécifiques de l’espèce, les situations de mise en danger de l’animal de compagnie…

Voici quelques exemples pour affiner votre expertise en éthique de l’image animalière sur le chien :

L’animal doit être protégé de toute situation qui occasionnerait douleur, maladie ou souffrance psychique. Certains traits physiques sélectionnés par l’homme pour définir des races canines, sont associés à des anomalies qui mettent sérieusement la santé du chien en danger (face et nez écrasé, yeux proéminents, un long corps pour des pattes trop courtes, peau à plis, races sans poils …).
Les chiens doivent être exposés dans des environnements adaptés à leur race, leur taille et leur niveau d’activité. Ils doivent être représenté en exprimant des comportements naturels inhérents à leur espèce, en évitant de surenchérir par l’humour certains troubles du comportements exprimés par les chiens en situation de mal-être comme le tournis avec mordillement de sa queue, les destructions du logement, les agressions à l’égard de personnes (même un bas de pantalon), les aboiements excessifs…
Privilégions les activités dites sûres, appropriées et agréables pour l’espèce (sans entraînement aversif), en évitant de les faire participer à des activités qui n’ont pas été spécifiquement conçues pour eux ou qui pourraient les mettre en danger si elles ne sont pas maitrisées par des professionnels.

Vous l’avez compris, le sujet est vaste, proposer une image, un film ou une mise en scène qui place une race de chien dans une situation qui serait contraire à celle liée à son bien-être ou ses aptitudes naturelles, pourrait s’accompagner d’un message responsable à cet égard, en indiquant ce qui relève de la fiction et exprimer les risques auxquels on s’expose si les images sont prises au premier degré, notamment pour les plus jeunes qui ne verraient à cet effet qu’un pur divertissement « autorisé ».

En cas de doute, vous pouvez toujours consulter un professionnel vétérinaire en communication responsable pour obtenir les conseils à la carte dès la réalisation de votre script, votre scénario. Ils sont vos meilleurs conseillés et mettent à jour régulièrement leurs connaissances pour intégrer les derniers textes réglementaires, éthiques et sociétaux, ceux qui protègent l’animal et la sensibilité croissante du public.

La responsabilité sociétale peut être associée à la diffusion d’images

En tant que passionné des animaux tout autant que votre public, est-il envisageable de porter sur les écrans des messages volontaires de protection, de défense ou de sensibilisation à l’égard de l’espèce animale utilisée, sur une publicité, sur une scène ou dans un film autres que les documentaires sous forme d’un tag ou de surimpression ? Probablement, certainement… « les petits ruisseaux font de grandes rivières » (Ovide)

Le chien est notre ami, il nous fait du bien, pourtant rien ne vaut un petit geste amical avant que la réglementation ne s’en mêle. Pensons-y ! Toute production cinématographique ou publicitaire pourrait se voir attribuer un rôle responsable à l’égard de l’espèce animale qu’elle souhaite utiliser, domestique ou sauvage, comme un soutien financier ou logistique à adresser pour le compte d’associations de protection des animaux ou en faveur d’un programme de conservation. Une responsabilité sociétale ou environnementale affichée sur les écrans, telle une mention « légale » pour engager définitivement la confiance du public à l’égard des films n’est finalement pas si utopique !

La Cie Dog Trainer a exprimé clairement son niveau d’engagement à plusieurs niveaux avec une opération d’entre-aide régulière « La main tendue aux chiens de refuges », un code déontologique de pratiques respectueuses du bien-être animal avec « l’Animal Welfare Act Cie », une remise à niveau régulière de ses aptitudes et connaissances en éducation positive et amicale du chien avec sa certification « Le chien mon ami » et l’intégration d’un réseau collaboratif d’experts vétérinaires en bien-être, communication responsable et éthique animale dont « Aloki Conseil ». Alors pourquoi pas vous, rejoignez-nous !


(1) « No Animals were harmed”, a certification program of American Humane Association, guidelines for the Safe Use of Animals in Filmed
Media, humanehollywood.org, Guidelines 2015-WEB-Revised-110315-1

Aloki chien acteur

Chien et acteur : un jeu de rôle sur mesure sans avoir recours à l’anesthésie

Quel réalisateur de thriller n’a pas rêvé de pareille scène ? Dans la pénombre, le soir, le cambrioleur tueur au sang chaud doit de « sang froid » laisser pour mort le chien de sa victime, ne pas alerter tout le voisinage ni éveiller les soupçons. C’est un scénario rocambolesque assez classique finalement au cinéma, la mise en scène autour du chien renforçant le réalisme dramatique et machiavélique d’une telle séquence. Du scénario à la réalité des tournages, vous êtes ce professionnel, producteur de cinéma et vous vous demandez bien si ce jeu d’acteur est à la portée d’un bon éducateur de chien ? Cet article est pour vous, il est le résultat d’un double savoir-faire réaliste, en éducation, dressage et bien-être animal.

Partager le scénario avec les experts

Imaginez désormais les conditions du tournage : pas moins d’une vingtaine de prises, en soirée avec la pénombre, un seul et même chien, allongé sur une flaque de « faux » sang sans devoir bouger, pour ne pas mettre de traces de pattes rouges un peu partout sur le sol, tout le « brouhaha » d’une équipe autour, la danse des caméras travelling près du nez du chien… Rien de plus simple à faire, il suffit d’anesthésier le chien qui pourra dormir ainsi paisiblement, sans bouger, le temps de la scène…tel un objet dans le décor.

C’est que le duo de choc, vétérinaire conseil technique et éducateur de chien pour le cinéma, n’a pas dit son dernier mot car bien-être animal, savoir-faire et approche responsable des tournages avec animaux pour le divertissement est devenue une expertise indispensable à la lueur des connaissances et de la réglementation européenne, elle permet de sécuriser la réalisation de tel scénarios.

 

Chien et acteur : un jeu de rôle sur mesure sans avoir recours à l’anesthésie

Réglementation de protection des animaux de compagnie sur le tournage

Le divertissement peut s’appuyer sur des textes réglementaires applicables en Europe et qui invite la production et les réalisateurs, à envisager le respect et le bien-être du chien dans une pareille scène. N’oublions pas que la responsabilité de cette activité leur incombe. Regardons-ainsi la convention européenne STCE pour la protection des animaux de compagnie de 1987 et ratifiée par la France en 2003.

Constatant que les attitudes à l’égard des animaux de compagnie varient considérablement, en raison parfois d’un manque de connaissances ou de conscience, dans son chapitre II, article 3, les principes de base pour le bien-être des animaux sont les suivants : « Nul ne doit causer inutilement des douleurs, des souffrances ou de l’angoisse à un animal de compagnie. » Le dressage des chiens pour les films doit se conformer à l’article 7 : « Aucun animal de compagnie ne doit être dressé d’une façon qui porte préjudice à sa santé et à son bien-être, notamment en le forçant à dépasser ses capacités ou sa force naturelles ou en utilisant des moyens artificiels qui provoquent des blessures ou d’inutiles douleurs, souffrances ou angoisses. »

Selon l’Article 9, dédié aux activités de publicité, de spectacles, d’expositions, de compétitions et de manifestations semblables, « Les animaux de compagnie ne peuvent être utilisés dans la publicité, les spectacles, expositions, compétitions ou manifestations semblables, à moins que :

  • l’organisateur n’ait créé les conditions nécessaires pour que ces animaux soient traités conformément aux exigences de l’article 4, paragraphe 2, et que leur santé et leur bien-être ne soient pas mis en danger.
  • Aucune substance ne doit être administrée à un animal de compagnie, aucun traitement lui être appliqué, ni aucun procédé utilisé, afin d’accroître ou de diminuer le niveau naturel de ses performances : au cours de compétitions ou à tout autre moment, si cela peut constituer un risque pour la santé et le bien-être de cet animal ».

Vous venez de comprendre à la lecture de ce texte, 2 éléments fondamentaux, indispensables à la réflexion amont des conditions de mise-en-scène pour l’animal :

  1. pour pouvoir considérer le bien-être du chien sur le lieu du tournage, ce chien doit avoir conservé sa faculté de s’exprimer pour faciliter la reconnaissance des signaux révélateurs de son anxiété, de sa peur ou sa crainte à l’égard de la scène, des personnes ou de l’environnement. Il doit avoir la possibilité de se soustraire à une situation inconfortable, désagréable ou dangereuse pour lui, avoir le choix et collaborer de son propre chef, conserver en quelque sorte « sa volonté d’agir » ;
  2. l’anesthésie d’un animal de compagnie ne doit être réalisée que dans son propre intérêt (art. 10) car elle présente toujours un risque et nécessite un contrôle intégral par un vétérinaire à ses côtés.

 

Anesthésie à des fins de divertissement : compatible ou pas ?

L’anesthésie sur un lieu de tournage n’est donc, dans ce cas pas compatible avec les textes réglementaires, puisqu’elle met l’animal « hors de nuire » sans raison qui le justifierait et qui serait du ressort de sa sécurité ou de celle des autres. Il ne peut donc plus exprimer son comportement naturel sur un tournage, ne peut plus se soustraire de la situation qui lui est imposée. De plus, une anesthésie présente des risques pour sa santé et le met en « danger » au regard des éléments extérieurs. Elle est donc utilisée sous surveillance médicale vétérinaire uniquement et ce, en dernier recours, si la situation n’est pas contrôlable par d’autres moyens et que l’animal pourrait être exposé à un danger, ou exposer les autres au danger.

Il faut considérer que l’anesthésie a toujours une incidence sur l’organisme de l’animal, elle est une source de stress physique et parfois psychologique, d’autant plus si la récupération de l’animal ne se fait pas correctement. La tranquillisation légère est parfois réalisée pour des tournages afin de diminuer un état de stress mais au-delà du non-respect du bien-être de l’animal, les vétérinaires la déconseillent car les tranquillisants désinhibent très souvent l’animal ; celui-ci peut alors devenir réactif et agressif sans émettre de signaux avant-coureurs. Il présente donc un risque pour les manipulateurs et les personnes qui les entourent.

Vers des guides de bonnes pratiques « animo-responsables » sur les tournages

Par l’expertise, les pratiques d’éducation positives et respectueuses du chien et la bonne connaissance du métier de dresseur animalier, la Cie Dog Trainer a répondu favorablement à la demande de mise-en-scène du chien sans recourir à une anesthésie qui serait contraire à leur éthique, l’Animal Welfare Act Cie et à la législation. Le chien passe ainsi du rôle de « victime » à celui « d’acteur » en participant sereinement à la scène, quelques prises de vues ont suffi, tel du direct, d’autant que la préparation du chien amont est réalisée avec beaucoup d’attention, de bienveillance et dans des conditions propices à son confort.

Pour accompagner et encourager les réalisateurs de films, de séries télévisées, d’évènements, manifestations ou déambulations à considérer ces éléments de bientraitance des animaux dans leurs activités et donner du plaisir tant aux acteurs humains qui ont cette sensibilité dite « animale », qu’aux spectateurs soucieux de sélectionner des films aux conditions de tournage responsables, il existe des guides de bonnes pratiques recommandés par les vétérinaires et édités par des associations de protection animale. Nous vous invitons à venir les consulter, que vous soyez dresseur, artiste ou professionnel du cinéma et de l’audiovisuel, en discuter avec votre équipe technique pour comprendre l’étendue des possibilités et vous entourer de professionnels qui comprennent les enjeux de la condition animale sur les plateaux de tournages.

Les experts vétérinaires « bien-être animal » sont les garants d’une bonne interprétation des différents règlements et guides de bonnes pratiques, en consultant ces spécialistes, vous éviterez ainsi de sérieuses dérives préjudiciables à terme sur le plan pénal, si un cas de maltraitance venait à ce savoir. Votre responsabilité mais également la notoriété de votre film en dépend.

 

Pour en savoir plus :
Guide de bonnes pratiques pour une utilisation responsable des animaux de compagnie en publicité édité par la British Veterinary Association (BVA)
Guidelines “No Animals were harmed” de l’American Humane Association (AHA)
– Article animo Aloki pour La Semaine Vétérinaire N° 1780, 12/10/2018


Blog de sensibilisation à des pratiques « animo-responsables » par ALOKI Conseil, vétérinaire conseil, www.animoaloki.fr